La première intention de la sculpture fut de mettre en
correspondance les hommes et les dieux. Et il en reste
bien des traces. Aujourd’hui, dans notre monde occidental, beaucoup ne croient
plus ni au ciel ni aux dieux, et le divorce entre l’architecture et la
sculpture est irrémédiable. L’architecte abandonne une place au
sculpteur : il ne la lui aménage pas ; encore moins construit-il pour
elle. N’empêche que nous, les sculpteurs, rêvons encore de
monumental intégré à l’architecture, car si la sculpture est
apte à humaniser certains lieux, c’est surtout l’homme qu’elle
cherche à humaniser, à travers ces lieux.
Le monumental a ses exigences propres.
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D’abord la sculpture est prévue en fonction d’un site - qui peut être
architecture - mais aussi bien un jardin, un étang, une allée.
elle est aussi prévue en fonction du soleil. Chaque sculpture est un
cadran solaire qui varie du matin au soir et ce mouvement de la
lumière orchestre les ombres portées. Prévue encore en fonction du
thème : palais, temple, maison, jardin. C’est l’esprit des lieux.
Enfin en fonction du bâtiment lui-même : entrée, centre de cour,
passage, niche ou alcôve.
Certains lieux semblent appeler une sculpture monumentale.
Imaginez qu’on me propose de disposer de toute une grande allée,
je rêverais d’Angkor ou de l’Allée des Béliers, ou de la Chine…